18/07/2007

Kraftwerk et la postérité du rock choucroute

J’ai ressorti un de leurs albums grâce au Tour de France.
Kraftwerk. Ça veut dire "centrale électrique" en allemand. C’est aussi le nom d’un groupe de ce qu’on appelait, au début des années 70, le Krautrock ou "rock choucroute".
Evidemment, ça le fait pas trop comme ça.
Pourtant, le Krautrock c’était à l'époque une recherche d'alternative européenne au rock anglo-saxon.
Une démarche expérimentale qui enfanta... rien moins que... la techno !
On ne se souvient pas toujours (pas assez) de Kraftwerk, hélas.
Probablement parce que la partie visible de leur carrière musicale consiste en géniales apparitions et soudaines éclipses.
Florian Schneider-Esleben et Ralf Hütter ont été parmi les premiers à enregistrer des instruments électroniques, à initier la progression rythmique, la musique répétitive pop, les mix improvisés…. Ils ont aussi été les précurseurs des vocoders, des logiciels de synthèse vocale et des images générées par ordinateur pour leurs clips et leurs apparitions scéniques.

Kraftwerk c’est de la poésie électro-design, du romantisme industrialo-urbain et un groupe discret dont l'influence sur la musique actuelle est, a contrario, ENORME.

Autobahn (de l’album éponyme). Ultra-moderne ça date pourtant… de 1974 !



Le fameux The Robots (The Man Machine) rappelle furieusement Daftpunk, sauf que, là encore, ça remonte à il y a près de 30 ans (1978) !


Pour le plaisir et parce que c’est de saison :
Tour de France (version de 1983)


17/07/2007

Dans "Velib", y a aussi "lib"

Pour poursuivre dans ma série "vigilance sans paranoïa", un petit post sur les Velib.
750 stations et 10 648 vélos en service depuis samedi dernier dans notre capitale.
Y a du très bon évidemment : le vélo, la santé, l’environnement, la nouvelle appréhension de l’espace urbain etc. etc. Et puis aussi le fait d’être débarrassé des oripeaux du droit de propriété, la jouissance d’un bien partout et à tous. On le prend ici, on le pose là, pas d’entretien et pas de flip de se le faire piquer ou désosser…

Mais y a du moins bon aussi. Du « à surveiller ».
L’abonnement et la caution qui collectent des coordonnées perso et les puces RFID dans les vélos qui les géolocalisent parfaitement. Adieu anonymat de nos déplacements, de nos habitudes et de nos horaires. Bonjour le fichier. Précis. Fichier géré par la SOMUPI (Société des mobiliers urbains pour la publicité et l'information) filiale de JC Decaux qui offre les installations en construisant des espaces publicitaires autour (c’est de bonne guerre mais ça lie aussi la Mairie et pour combien de temps ?).
Evidemment, les stats conservées (un temps que la CNIL a tout de même considérablement réduit des 24 mois initiaux à 5 jours) permettront aux clients de faire d’éventuelles réclamations, à la ville d’optimiser le PLU mais aussi… à la SOMUPI et donc à JC Decaux de mieux nous pister et nous cibler au quotidien car l'exploitation commerciale des données est autorisée.
Et j’aime toujours pas être une cible « passive ».

Une solution tout de même pour échapper à ça : l’abonnement "courte durée", évidemment plus cher, mais qui garantit l’anonymat total et, pour ceux qui auraient pris un abonnement "longue durée", pédaler en deçà de la demi-heure gratuite pour à tout le moins conserver l’anonymat de leurs trajets..
Va falloir enrouler !

NB : A ce propos et alors qu’une des plus difficiles étapes de montagne est en train de s’engager : petite pensée pour Christophe Moreau, pisté par les caméras mais toujours libre de l’aliénation chimique !

Synesthésie III : Constant State

Miro et Alicia Keys

Joan Miro - Paysage Catalan - collection du MoMA

Alicia Keys - Streets of New-York - album Unplugged


16/07/2007

Tout est bon dans le cochon

Sur les écrans en ce moment : notre Secretaire d'Etat chargé de la jeunesse et des sports et... "son jambon star".
Bernard Laporte himself.
On a au choix la version "jambon à la coupe" ou bien "barquette refermable" (aucune contrepétrie j'ai vérifié).
Et tout à coup je me prends à enchaîner : pourquoi pas Bachelot et les volcans d'Auvergne, Pecresse et l'ami Ricoré, Fillon et le shampoing Pétrol Hahn...


15/07/2007

On était tous au paradis !

18h30 hier soir sur la pelouse du Champ de Mars.
Un soleil maginifique, une bouteille de rosé (frais), des verres en plastique (à pieds, grande classe svp), des Apéricubes (indispensables), du saucisson, des tomates, des gâteaux au citron, etc.
Cal, ma petite soeur B. et moi sommes rapidement rejointes par... 599 997 personnes !
19h, Bob Sinclar attaque... Laura Pausini (sympathique mais décalée), Tokyo Hotel (!?), Nelly Furtado (très pro) puis...
L'Amiral Polnareff.


Un (joli) feu d'artifice, une amusante dispersion générale dans les rues de Paris...
A 2h du mat', une dernière Foster sur le balcon...
Trop bon !


Nb : J'ai hésité avec un long post qui, en plus, aurait fait un peu le point sur ce que je pense de l'émotion et du collectif, de son usage en politique, de Sarkozy et de sa PopMonarchie comme dit Versac, de Polnargé et de son hommage au précédent... et puis non, zut, c'était bon. Point. Pas envie de rationaliser et relativiser a posteriori.

14/07/2007

Eternal sunshine in our future minds ?

J'ai de temps à autre des réminiscences d'Eternal Sunshine of the spotless mind de Michel Gondry. La mémoire en est justement l'héroine principale.
La façon dont, au présent, nous vivons cet "avenir du passé", comme l'appelait Valery.
La façon dont une image, une mélodie, un parfum, une madeleine... vient raviver en nous, par un mécanisme inconscient et incontrôlable, le souvenir des belles choses... mais aussi les blessures que l'on aimerait tant effacer.
Si on pouvait.
Et si on pouvait vraiment ? Que ferait-on ?
Il y a quelques semaines, des neurobiologistes ont expérimenté avec succès, sur des rats, la possibilité de supprimer un souvenir associé à un traumatisme.
Sur des rats.
Pour l'instant...

13/07/2007

Vendredi 13

Lez + champagne + slow en amoureuses + soleil couchant




Ce vendredi 13, porteur de nouvelles mitigées, se finit dans le bonheur.

Photo : Lez
Musique : The Little Willies - album The Little Willie
s

12/07/2007

Synesthésie II : Murder Ballad

Weegee & Nick Cave


Weegee, Murder in Hell's Kitchen, 1940


Extrait de Murder Ballads de Nick Cave and the Bad Seeds (1996).
A noter aussi, sur l’album, deux très beaux duos : Henry Lee, avec PJ Harvey et Where the Wild Roses Grow, avec Kylie Minogue.

Correspondances en soi : Synesthésie I


Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.


Extrait de "Correspondances", Les Fleurs du mal (version intégrale)

Figuré par Baudelaire, théorisé par Swedenborg… j’ai toujours adoré/cultivé le principe des correspondances (ou de la synesthésie). Tant il permet d’approcher et exprimer notre propre vérité à travers la façon dont nos sensations raisonnent entre elles.
Le web a pour moi ceci de génial qu’à travers les réseaux, le multimédia, l’interaction, l’hypertexte, la polychronie qu’il génère, il favorise ce principe.

Illustration de ce qui sera peut-être une nouvelle rubrique… dans le post qui suit.

Photo : Œuvre de Trina Brady, I Wish, 2007
Site de l’artiste : Ici

Elis Regina, ca c'est de la Samba!

Ce matin, en intermède musical sur France Inter (radio qui scande nos matinées), j'entends l'éloge de Stacey Kent qui vient de sortir son dernier album. S'en suit un extrait, une reprise de Samba Saravah (auteurs : Baden Powel & Vinicius de Moraes). Et là j'enrage, parce que qualifier cette version "gentillette" de Samba est un peu fort de café! Je n'ai rien contre Stacey Kent, mais pour ceux qui voudraient savoir ce qu'est vraiment le jazz brésilien, je veux vous faire écouter Elis Regina, reine de la Samba en son pays, immense chanteuse et femme d'émotions, morte d'une overdose en 1982.

Le premier titre, un classique de Antonio Carlos Jobim, Agua do Março, prouve qu'on peut faire d'infimes variations sur une mélodie populaire.

Le second titre, bouleversant, Atras da Porta composé par Chico Buarque, montre la charge émotive que dégageait Elis.

11/07/2007

Weegee au Musée Maillol


Dans les années trente et quarante, Weegee, reporter photographe, a passé ses nuits à traquer les faits divers dans les rues de New York. Voir ses photos, c'est comme feuilleter la trilogie U.S.A. de Dos Passos. On est projeté dans des vies qui se croisent, qui résonnent. Incendies, meurtres, accidents de voitures, enfants qui traînent dans les rues : Weegee fait de la nuit sale et noire, une oeuvre de contrastes et d'humanités.

A voir au Musée Maillol - 61, rue de Grenelle, Paris 7ème.

10/07/2007

Heureusement, il y a Fox News

A "national underground network" of lesbians is terrorizing America... et on ne le savait pas.
Merci Mr O'Reilly.
Ces images sont effectivement aussi éclairantes qu'effrayantes.
Mais "Dieu soit loué", la France de Rungis peut dormir tranquille car l'Europe semble encore épargnée...

Géolocalisation, biométrie, vidéo... surveiller sa liberté

Ça fait sourire mes amis et sans doute n’est-ce qu’une goutte d’eau. N’empêche. Je me refuse, malgré toutes les injonctions de la RATP, à prendre le Pass Navigo et m’en tiens à la bonne vieille carte orange.
Pourquoi ? Parce qu'il faut fournir mon nom, mon prénom, mon adresse et mon numéro de téléphone et que, muni d'une puce RFID, ce pass pourrait enregistrer chacun de mes passages aux validateurs.
Je sais évidemment que mon portable, ma carte bleue ou un certain nombre des informations que je donne moi-même sur Internet, permettent une traçabilité certaine de mes faits, gestes et préférences. Mais refuser Navigo me rappelle au moins chaque mois, qu’il faut rester vigilant sur la « société de surveillance » à laquelle il est de plus en plus difficile d’échapper.
En 2006, la CNIL a enregistré 360 demandes de mise en place de systèmes biométriques (y compris pour des cantines scolaires !) pour seulement 40 en 2005 et 880 déclarations de vidéosurveillance pour 300 l’année précédente. Au total, l’activité de la Commission a connu une croissance de 570% en trois ans... à budget quasi-constant.
Loin, très loin de moi l’idée de souhaiter inverser ou ne serait-ce que freiner les évolutions technologiques et les possibles qu’elles offrent. Mais alors que se pose de façon de plus en plus prégnante la question de la vidéosurveillance, présentée comme un moyen moderne et extrêmement efficace de lutter contre la délinquance (ce qui n'est pas forcément avéré), je pense que le débat devrait tout de même être beaucoup plus actif et public sur ces questions de vie privée et libertés individuelles. Et les moyens de contrôle associés bien mieux considérés.
A mon petit niveau individuel, j’ai encore la possibilité de voyager anonymement, alors je la garde.

Beau Jocque et son Zaricot

Le Zaricot (Zydeco, en anglais) est un genre musical apparu dans les années 30 en Lousiane, proche parent de la musique cajun, incluant de nombreuses influences Blues (pour plus d'infos c'est par ici).

Andrus Espre, dit Beau Jocque, est un maître du genre. La première fois que Lez et moi l'avons entendu, c'était sur un bateau, en Floride. Ah... souvenirs, souvenirs...

09/07/2007

Maréchal, te revoilà ?

En ce moment sur les murs du métro(politain) parisien, on peut voir...

Une esthétique et des motifs qui ne sont pas sans rappeler de très mauvais souvenirs (dont la déclinaison est internationale mais l'époque identique).


Même au second degré, moi, ça passe pas. Du tout.
Pour voir l'ensemble du dispositif, c'est ICI.

08/07/2007

Nature et/ou Culture ?


Photos : Calez

142 Crêperie contemporaine

Sur les conseils d'une connaissance de Lez, nous nous sommes laissées entraîner dans une nouvelle crêperie dite "contemporaine" - en vérité, un sympathique endroit qui donne sur une jolie placette. Après un peu plus d'un mois d'ouverture, les deux amis qui tiennent cette bicoque décorée avec soin sont déjà victimes de leur succès et affichent régulièrement complet (un conseil, réservez).
A la carte, les crêpes sont, pour une partie, tendances et portent des noms pour le moins inhabituels : la Saturnin (confits de canard, pommes de terre, pommes) ou encore la Méliau ( chèvre, tapenade, miel, noix, pommes). On retrouve aussi les classiques (jambon, gruyère, oeuf...). Bref, de quoi satisfaire les hommes, les femmes, les amis, et leurs enfants.

Pour ceux et celles qui ont donc la crêpe, sachez que le lieu reste ouvert tout l'été.

141 - Crêperie Contemporaine
59, rue Saint Charles 75015 Paris.
Réservations au 01 40 59 84 01

Tour de France: l’épopée 2007 commence

Le Tour exprime et libère les Français à travers une fable unique où les impostures traditionnelles (psychologie des essences, morale du combat, magisme des éléments et des forces, hiérarchie des surhommes et des domestiques) se mêlent à des formes d’intérêt positif, à l’image utopique d’un monde qui cherche obstinément à se réconcilier par le spectacle d’une clarté totale des rapports entre l’homme, les hommes et la Nature.

Roland Barthes, Mythologies, Seuil, 1970


C’est parti ! Comme chaque été, le Tour de France se lance sur les routes de France (et d’Europe). Comme chaque été, derrière les volets en tuile de millions de salons, les écrans de télévision vont s’animer des exploits et souffrances de 189 cyclistes.

Vous, vous êtes peut-être en train de vous dire : « Regarder pédaler des types à la télé ? Très peu pour moi ».

Et pourtant. Je vous assure, c’est passionnant.

Les équipes, leurs équilibres, l’évolution des leaderships, les belles échappées de plaines, le suspens des poursuites, les Alpes, la gestion des forces, les affaissements surprises, les abandons terribles, les stratégies à moyen ou long terme, les tactiques d’étapes et puis les Pyrénées, le dernier contre-la-montre et l’arrivée sur les Champs.

Qui roule comment et quand, pour qui et pour quoi ?

Comme chaque année, je suis prête à relever le défi et tout expliquer à qui voudra y consacrer une après-midi (j’aime pas m’vanter mais en quatre heures, il y a cinq ans de ça, j’ai converti Cal, désormais véritable aficionados). Tiens, je veux bien poser une RTT. L’après-midi du 25 juillet par exemple, dont je présume qu’il sera un grand jour de ce cru 2007. Chaque étape étant comme le chapitre d’un roman dont l’intrigue culmine avec l’altitude des cols, les coureurs (encore en lice) se trouveront ce jour là aux prises avec une géographie homérique. Pensez : un col de 3ème catégorie, deux de 1ère (dont le célèbre Marie-Blanque) et deux Hors Catégorie avec, à la clef, une arrivée sur l’Aubisque. Je vois d’ici le spectacle...

Pronostics (souhaits) 2007

Maillot jaune : Klöden,Valverde, Vinokourov
Classement par équipe : Astana, GCE, CSC

Maillot vert : Mc Ewen, Boonen
Maillot à pois : Rassmussen, Mercado (avec un ptit Français à observer : di Gregorio)
Maillot blanc : Contador, Dekker, Kohl

(Grosse incertitude : les nouveaux commentateurs de France Televisions... pour une fois, je me laisse aller à la nostalgie en repensant à Patrick Chêne et Bernard Thevenet).

06/07/2007

La création du monde racontée par Etta James


I'm gonna tell you, so you'll understand,
Je vais vous raconter, ainsi vous comprendrez,
About how it all got started, how it all began.
comment tout a commencé, comment cela a débuté.
God made the heavens, God made the earth.
Dieu créa les cieux, Dieu créa la terre.
Made a man and a woman out of blood, sweat and dirt.
Il créa l'homme et la femme à partir de sang, de sueur et glaise.
And he looked around the neighbourhood.
Et il regarda les alentours.
And he said to himself: This is good.
Et il se dit : C'est bien.

God made the rivers, and the mountains with his hands.
Dieu créa les cours d'eau, les montagnes avec ses mains.
God made the wind to blow the shifting sands.
Dieu fit souffler le vent des sables changeants.
He put the fishes in the deep blue sea.
Il remplit de poissons la mer profonde et bleu.
Filled up the garden with flowers and the trees.
Il garnit le jardin de fleurs et d'arbres.
And he looked around the neighbourhood.
Et il regarda les alentours.
And he said to himself: This is Good.
Et il se dit : C'est bien.

But the devil, he was jealous,
Mais le diable, qui était jaloux,
Took the apple in his hand.
Prit la pomme dans sa main.
The devil tempted woman, and woman tempted man.
Le diable tenta la femme, et la femme tenta l'homme.
God he mourned, and the tears rolled down his face.
Dieu ressentit un grande tristesse, et des larmes roulèrent sur son visage.
It broke his heart to see his children fall from grace.
Cela lui brise le coeur de voir ses enfants tomber en disgrace.
And on the 7th day, they say God rested, but you know that ain't the truth.
Et au 7ème jour, on raconte que Dieu se reposa, mais vous savez que ce n'est pas la vérité.
Cause on the 7th day, God made the blues.
Car au 7ème jour, Dieu créa le blues.
God made the blues.
Dieu créa le blues.
Etta James - On the 7th Day - Let's Roll (2003)

Quelle diversité pour notre démocratie ?

En début d’année, TNS-Sofres réalisait pour le CRAN une enquête donnant une estimation du nombre de personnes de couleur noire (de plus de 18 ans) en France. On y apprenait également (et ce n’était pas le moindre des enseignements même s’il a été nettement moins médiatisé) que près des deux tiers disaient avoir subi racisme et/ou discrimination au cours de l’année passée.
Au moment de sa sortie, cette étude s'est inscrite dans une polémique lancée peu de temps auparavant sur les statistiques dites « ethniques » (mais aussi religieuses). On compte ? On compte pas ? Avec finalement un avis rendu par la CNIL. Sibyllin. Que peut/doit-on faire ou pas et pourquoi ? Personnellement, j’ai pas tout compris.

De leur côté, ces toutes dernières années, les entreprises se sont montrées de plus en plus intéressées par le « marketing ethnique ». Et des segments de marché semblent se dessiner qui paraissent effectivement « porteurs ».
La grande distribution intègre des linéaires kasher ou halal comme elle fait un rayon bio. L’Oréal complète ses gammes cosmétiques avec des produits pour cheveux crépus ou peaux noires. Mercurochorme met sur le marché des pansements « pour peaux mates et bronzées ».
Mardi dernier, la Société générale annonçait encore le lancement d’une série de produits financiers respectant la loi coranique…

Un des grands débats actuels de notre démocratie est de savoir comment intégrer aux principes et aux valeurs qui la fondent, la diversité des cultures qui s’y développe et contribue à sa richesse.
Dans sa façon de se construire, durant le 19ème et 20ème siècle, la France a fait le choix de procéder par abstraction des différences.
Pour davantage de liberté et d’égalité.
Tout un système institutionnel (éducation, santé etc. etc.) a donc été élaboré selon ce principe, permettant d’émanciper les individus de leur condition naturelle, leur ouvrir le champ des possibles, leur conférer davantage de pouvoir…
C’était une dynamique de modernité, une dynamique de progrès.
Mais c’était aussi une sorte de destruction créatrice qui, aujourd’hui, nous laisse individuellement plutôt content mais collectivement perplexe. Une dynamique qui a fait muter la société et en a sapé des bases connues et reconnues (l'école laïque par ex), et demande à présent à les réinventer.
Parce qu’aujourd’hui, le pouvoir individuel réclame de plus en plus fortement la reconnaissance des identités autrefois transcendées.
Parce que, dans le même temps (et ceci, indépendamment de l’observation précédente), un dangereux écart se creuse entre le rappel incantatoire de valeurs universalistes faisant abstraction des différences et la persistance de discriminations qui en sont la négation.

Alors, plusieurs questions/défis :

Jusqu’où aller dans la reconnaissance à accorder aux identités, aux différences ? (on voit déjà qu’il y a sans doute du boulot sur les termes).

Que vaut l'affirmation des libertés de l'individu si une culture dominante lui dénie tout droit d’expression (sous diverses formes : langue, traditions mais aussi type de consommation) ?

Et comment éviter que l’on ne sacrifie le groupe à l’individu, en fragilisant l'espace public et en exposant le lien social aux dérives communautaristes (même si ce mot est devenu inapproprié par le dévoiement politique dont il est l’objet) ?

05/07/2007

"La musique creuse le ciel"

disait Baudelaire.
S'il en fallait une preuve, je retiendrais probablement ces quelques 8 minutes.



Le trouble saisit dès les premières notes de piano d'Argerich.
L'émotion s'épaissit avec l'arrivée de la flûte.
Et celle du hautbois fait véritablement s'envoler notre âme très très loin au-dessus de notre corps. Dont quelques larmes s'échappent...

Adagio Assai (second mouvement) du Concerto pour Piano en Sol Majeur de Maurice Ravel. Joué par Martha Argerich et l' Orchestre National de France sous la direction de Charles Dutoit (ex-mari d'Argerich) à Francfort le 9 Septembre 1990.
On trouve aussi
cet excellent enregistrement par Martha Argerich avec le Berlin Philharmonic Orchestra dirigé par Claudio Abbado.


04/07/2007

Brèves de resto

Hier soir, Lez et moi sommes allées dans une pizzeria qu'on aime bien, assez populaire, souvent pleine. On y trouve des vieux, des jeunes, des touristes - de l'Anglais au Russe.
Entre deux coups de fourchettes, je n'ai pas pu m'empêcher de relever deux brèves.

Internet n'est pas une question de génération (...mais quand même)
Une retraitée, parlant de sa connexion à une amie tout aussi retraitée : Ce qui est formidable, c'est que j'ai un abonnement pour deux adresses.

Tout est dans le livre
Elle : J'ai un local, si je veux monter une assos
Lui :Tu crées des statuts
Elle : Je crée des statuts. Mais je les trouve où ces statuts? (silence) Il y a des livres à assos ?

Bonus de soirée :
Lez : Tu veux une mousse au chocolat? ou des profiteroles?
Cal : J'aime pas les profiteroles.
(le garçon arrive)
Lez : On va prendre des profiteroles. Une pour deux.
(le garçon repart)
Lez : Tu voulais de la mousse au chocolat?
Cal : C'est très bien les profiteroles.
Lez : C'était peut-être mieux la mousse au chocolat non?
Cal : Je t'aime.

Doute 2 (tout ?)

Cela dit y a (sans doute*) un moment où il faut s'arrêter.

* ça m'a toujours étonnée que "sans doute" veuille précisément dire qu'il y en a un...

Doute : Good news (for me)

Pour douter, il faut être fort.

Pour douter, il faut avoir le pouvoir d'être à deux endroits à la fois dans son esprit.

Triptyque d'écriture


Sensibilité, justesse et rythme.


Rodchenko, Alexandr. Triptyque de monochromes (Bleu pur, Jaune pur et Rouge pur). 1921. Huile sur toile, 62,5 x 52,5 cm pour chaque tableau (tableaux reproduits dans Magdalena Dabrowski et al., Aleksandr Rodchenko, New York, MOMA, 1998, p. 175-175).

Lost in insomnia

J'avais beaucoup aimé Lost in translation de Sofia Coppola (2003) pour le jetlag qui s'insinue jusque dans les perceptions du spectateur lui-même. Anamorphose des sens. Douce fatigue endurante. Sentiments lancinants. Lumière du jour trop blanche...
Comme si l'on était côté de soi et de la réalité de sa vie.

J'ai également beaucoup aimé The Machinist de Brad Anderson (2005). Version aigue et trash de cette anamorphose que tous ceux qui ont déjà eu et re-eu et eu à nouveau des insomnies connaissent bien /redoutent tant.
Quand le temps et l’espace se gondolent. Que les pensées, les souvenirs, idées, images, raisonnements s’accouplent les uns aux autres pour nourrir toujours plus d’obsessions, donner toujours plus d’épouvante à nos angoisses, nos culpabilités et nos paranoïas...

Trevor Reznik (Christian Slater) n'a pas dormi depuis un an. Un an !

03/07/2007

Visuel choc pour J.O. harsh

Ce bandeau de Reporters sans Frontières est celui qui lance la nouvelle campagne internationale Pékin 2008 "pour dénoncer le cynisme des autorités chinoises qui refusent de libérer la centaine de journalistes et cyberdissidents détenus dans le pays et d’améliorer la situation de la liberté d’expression" (dixit leur site).
Le visuel de la campagne France ne manque pas d'humour :Affaire à suivre...

Le bon et les méchants

Il nous est tous arrivé de nous demander ce que cette sale période de l'occupation allemande aurait révélé chez nous. Résistant ? Collabo ? Pétainiste ? Gaulliste ? Première heure ? Dernière minute ?
Ce qu'il y a de bien avec ce deuxième film de Lelouch (1976), c'est qu'on ne saurait dire, in fine, qui est le bon et qui sont les méchants. Les protagonistes se partagent les rôles tour à tour. Bon par opportunisme ou idéologie, méchant par haine ou amour de l'autre (ou idéologie). Pas de héros, ni d'anti-héros. Ni blanc ni noir. Juste en sépia, des motivations complexes donc humaines portées avec une naturelle et subtile épaisseur par des acteurs très justes (Dutronc, Jobert, Cremer, Fossey, Villeret...).

Néocolonialisme

A propos de l'attitude de certains Français débarquant dans son village sénégalais pour y acheter des terres, y bâtir de magnifiques maisons, y trouver des femmes (tout aussi magnifiques) et y vivre la moitié de l'année au soleil, Ami m'a dit :

"C'est facile d'être riche chez les pauvres"
Sic

Le temps au temps...

D'habitude quand je veux quelque chose, j'y mets toute ma volonté, toute mon énergie, toutes mes forces et ce déploiement d'activisme, cet acharnement finit par payer... d'une manière ou d'une autre et je suis même assez douée pour accepter des résultats/conséquences/événements auxquels je n'avais pas forcément pensés au départ. Pourvu que ça avance.
Mon problème, c'est que j'ai tendance à penser que TOUT est question de volonté. Grave erreur.

Ma sophrologue me le répète souvent : ce n'est pas en tirant sur un brin d'herbe qu'il va pousser plus vite... Evidemment, je comprends... mais seulement intellectuellement. J'arrive pas à m'y faire.
Calez Junior tarde à se pointer... et la volonté n'y peut rien.
Seule la patience....